L’école

Origine du projet et mise en oeuvre

L’école est installée à Saaba, une commune rurale située à environ 15 km du centre-ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Saaba a connu, depuis 2013, une croissance démographique très rapide due à la surpopulation de la capitale et aux mouvement migratoires internes au pays. Les nouveaux arrivants sont principalement des jeunes familles qui se sont installées dans les zones périphériques de la commune. Il s’agit de zones où les conditions de vie sont difficiles et les infrastructures collectives (écoles, centres de santé, eau, assainissement) insuffisantes, voire absentes. La population se voit donc privée de l’accès à des biens essentiels.

L’idée de construire une école à Saaba répond donc à un réel besoin pour de nombreuses familles du quartier. La cheville ouvrière de ce projet se nomme Rosalie Poko Lankoande. Née au Burkina Faso où elle a grandi dans un village de l’Est, elle s’est installée en Belgique en 1990. Elle s’y est intégrée tout restant profondément attachée à son pays d’origine.

Consciente de l’enjeu essentiel que présente l’éducation pour le développement du Burkina Faso et des difficultés auxquelles le système scolaire actuel est confronté, Rosalie, avec l’aide de son mari Johan Van den Houte et de leurs quatre enfants, a conçu le projet d’y créer une école primaire.

L’enthousiasme soulevé autour d’elle par ce projet – tant en Belgique qu’au Burkina Faso – a très rapidement fédéré des bénévoles et des professionnels du milieu éducatif. Avec leur appui, l’autorisation de création de l’école a été délivrée par les autorités burkinabées en 2018, le permis de construire a été octroyé peu après et les premières classes ont été édifiées en 2018-2019.  L’équipe sur place a, en guise de remerciement, pris l’initiative de nommer cette école « Sainte-Rosalie« .

Le 1er octobre 2019, l’école disposait de trois classes en dur, d’un bureau pour la direction, de latrines sèches, d’un matériel scolaire de base (bancs, chaises, tableaux, cahiers, quelques livres…). Le projet était devenu réalité : l’école s’ouvrait et une vingtaine d’enfants y entraient.

L’école s’est ensuite fortement développée. En 2021, un deuxième bâtiment a été construit. Il comprend trois classes supplémentaires et une bibliothèque. Une cantine gratuite est organisée chaque jour d’école pour le repas de midi. En 2023, pour la première fois, 11 élèves sur 12 ont réussi le Certificat d’Études Primaires, organisé par le Ministère de l’Enseignement. Ils sont tous maintenant inscrits dans l’enseignement secondaire et 7 d’entre eux bénéficient d’une bourse d’études de l’Etat burkinabé.

À la rentrée scolaire d’octobre 2023, l’école Sainte-Rosalie compte 189 élèves entourés d’une équipe composée de six enseignants, une directrice, deux cantinières et un gardien. Elle a également intégré 28 enfants dont les familles ont fui les exactions des groupes terroristes opérant aux frontières du Burkina-Faso.

Pédagogie

Vu le manque d’écoles, les classes au Burkina Faso peuvent compter jusque 120 enfants pour un seul enseignant et un seul local. Ces conditions rendent l’apprentissage extrêmement difficile. L’école Sainte-Rosalie se donne donc pour objectif actuel de limiter les classes à 40 élèves.

La pédagogie mise en œuvre intègre les principes de l’évaluation formative. Les acquisitions sont testées hebdomadairement pour permettre un suivi attentif des progrès de chaque enfant.

La langue principale est le français mais elle se double du mooré, une des langues nationales, lorsque cela s’avère nécessaire pour les nouveaux élèves. Jusqu’ici cinq enseignantes ont été recrutées sur la base de leurs diplômes, de leur expérience professionnelle et de leurs résultats à des tests de pédagogie.  Deux inspecteurs pédagogiques supervisent la qualité de la formation.

Comme l’école a pour vocation de s’adresser à tous les enfants, une démarche spéciale est effectuée auprès des familles pour les inciter à scolariser les filles autant que les garçons dès leur plus jeune âge. Les parents sont tenus au courant du fonctionnement de l’école, du programme de la classe et de l’évolution de leurs enfants lors de réunions pédagogiques régulières.

Dans la mesure du possible, les parents sont impliqués dans certaines activités organisées par l’école.  

Développements futurs

Aujourd’hui, l’eau courante fait défaut sur le site de l’école ; elle est achetée et acheminée sur place quotidiennement. Jusqu’à présent les forages n’ont pas permis d’accéder à la nappe phréatique qui se trouve dans les profondeurs du terrain. Les cantinières doivent dès lors recourir à des moyens traditionnels pour amener l’eau transportée par des ânes depuis des puits éloignés.

Pour l’avenir, il est prévu de construire un local afin d’accueillir des enfants dès l’âge de cinq ans  dans une classe de maternelle.  Cette formule leur permettra de se familiariser au système scolaire et en particulier à la langue française (langue d’enseignement au Burkina Faso). Une telle démarche facilitera leurs apprentissages futurs.